Ce que la science dit
La recherche en psychologie cognitive met en évidence le concept de "résidu d'attention". Lorsqu'une notification apparaît, une partie de l'activité cognitive reste fixée sur l'interruption précédente, même si l'individu revient immédiatement à sa tâche initiale. Ce phénomène ralentit la vitesse de traitement et diminue la qualité du raisonnement.
Les études sur la charge cognitive montrent que chaque interruption nécessite un temps de ré-engagement pour le cortex préfrontal. Ce processus n'est pas instantané : il faut plusieurs minutes pour retrouver un niveau de concentration profond après avoir traité une information externe non pertinente.
Ce qui se passe dans le cerveau
Le cortex préfrontal est responsable des fonctions exécutives, notamment la sélection de l'information pertinente et l'inhibition des distractions. Lorsqu'une notification survient, elle active une boucle de récompense dopaminergique : le cerveau est stimulé par la nouveauté (le 'ping'), ce qui détourne l'énergie nécessaire au maintien du flow.
Le passage constant d'un état de concentration à un état de réaction aux stimuli externes crée une fatigue cognitive. Ce cycle répétitif épuise les ressources attentionnelles, rendant le maintien d'un état de concentration maximale plus difficile sur la durée.
Les conditions qui favorisent cet état
L'environnement joue un rôle crucial dans la protection du flux cognitif. La réduction des stimuli externes non sollicités permet au système nerveux d'entrer plus facilement dans une phase de concentration profonde, où les mécanismes de distraction sont minimisés.
La mise en place de zones ou de périodes sans notifications favorise la stabilité attentionnelle. En limitant les interruptions volontaires et involontaires, le cerveau peut allouer ses ressources à une seule tâche complexe, facilitant l'accès aux états de concentration maximale.