Ce que c'est vraiment
Le blocage émotionnel n'est pas une absence de sentiment, mais plutôt un mécanisme de défense sophistiqué. Il se manifeste par une incapacité à ressentir, à nommer ou à traverser certaines vagues émotionnelles, comme si notre système nerveux avait mis en place un barrage pour nous protéger. Ce barrage, bien qu'utile à l'époque, devient limitant dans le présent.
Ce que nous vivons est souvent un mélange d'émotions non traitées : la tristesse d'une perte jamais digérée, la colère d'une limite franchie, ou l'anxiété d'un danger passé. Elles ne disparaissent pas, elles se déposent, créant une tension interne qui se manifeste par de la fatigue, de l'irritabilité ou, au contraire, un engourdissement étrange.
Pourquoi ça arrive
Le blocage est rarement un défaut de caractère ; c'est le récit de notre histoire. Il s'installe souvent lorsque nos émotions sont invalidées, minimisées ou lorsqu'elles étaient trop douloureuses à traiter pour notre jeune cerveau. Apprendre à ne pas ressentir certaines choses était, à un moment donné, une stratégie de survie efficace.
Le problème n'est pas l'émotion elle-même, mais le fait que nous ayons appris qu'elle était dangereuse. Nous avons donc internalisé un 'non-dit' qui se manifeste par des symptômes physiques, des schémas relationnels répétitifs, ou une difficulté chronique à se sentir 'à sa place'.
Ce qu'on peut faire
La première étape est l'arrêt du jugement. Au lieu de vous dire 'Je ne devrais pas me sentir comme ça', essayez de dire : 'Je ressens en ce moment une lourdeur, et c'est OK.' Accueillir l'état sans chercher immédiatement à le réparer est un acte de révolution interne.
Pratiquez la 'curiosité émotionnelle'. Quand une émotion difficile monte, ne la combattez pas. Observez-la comme si elle était un nuage qui passe dans le ciel. Où la sentez-vous dans votre corps ? Est-ce une gorge serrée ? Une pression dans la poitrine ? Nommer la sensation physique décharge une partie de la charge émotionnelle.