Ce que c'est vraiment
Le biais d'optimisme — décrit par Tali Sharot dans ses recherches à l'University College London — est la tendance universelle à surestimer la probabilité d'événements positifs et à sous-estimer celle d'événements négatifs, en ce qui nous concerne personnellement. On connaît les statistiques. On les applique aux autres. Pas à soi.
Neurologiquement, le biais d'optimisme est lié à une asymétrie dans la façon dont le cerveau traite les bonnes et les mauvaises nouvelles. Quand on reçoit une information positive sur notre avenir, on met à jour nos croyances fortement. Quand on reçoit une information négative, on la minimise — particulièrement si elle concerne des risques personnels.
Où vous le faites sans le savoir
Lancer un projet en sous-estimant les obstacles. Ne pas mettre de ceinture parce que "c'est juste pour deux kilomètres". Ne pas épargner parce que "il sera toujours temps". Rester dans une relation problématique en pensant que "ça va s'arranger". Le biais d'optimisme sous-tend une proportion surprenante de nos décisions quotidiennes.
Il interagit directement avec le biais de confirmation — on cherche les informations qui confirment que tout va bien se passer, et on écarte celles qui signalent des risques. Les deux biais se renforcent mutuellement.
Ce qu'on peut en faire
Le biais d'optimisme a une face utile — il nous permet d'agir malgré l'incertitude, de nous lancer dans des projets qui auraient semblé trop risqués avec une évaluation parfaitement rationnelle. Le supprimer totalement ne serait pas souhaitable.
Ce qui aide : le pre-mortem — imaginer que le projet a échoué et se demander pourquoi. Cette inversion force le cerveau à chercher activement les risques qu'il minimisait. Pas pour décourager — pour préparer. Et s'entourer de quelqu'un qui posera les mauvaises questions avant qu'elles se posent d'elles-mêmes.